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Air France-KLM : les syndicats d’Air France demandent au gouvernement français de clarifier ses intentions

Une très large intersyndicale d’Air France a interpellé lundi le gouvernement français sur la récente entrée dans le capital de l’Etat néerlandais dans le groupe Air France-KLM, appelant à « une clarification de ses intentions quant à la défense du pavillon français ».

Chose rare, 14 syndicats de la compagnie aérienne, parmi lesquels la CFE-CGC, FO, l’Unsa, la CGT, la CFDT et les syndicats de pilotes SNPL et Spaf, signent un communiqué commun dans lequel ils s’alarment de « la faible réaction du gouvernement français », qui confirme selon eux « un désintérêt de nos politiques pour Air France ».

L’irruption entre mardi et mercredi de l’Etat néerlandais dans le capital d’Air France-KLM, avec l’acquisition de 14% des titres de la compagnie, soit une participation proche de celle de l’Etat français (14,3%), « inquiète l’ensemble des personnels d’Air France, attachés à la défense du transport aérien français », explique l’intersyndicale, tout en appelant à « garantir et renforcer la croissance d’Air France au sein du groupe AF/KLM dans un contexte de concurrence qui ne doit pas être faussée ».

Les Néerlandais avaient expliqué leur raid boursier par leurs doutes sur la stratégie du groupe. L’une des craintes de La Haye est qu’à terme, une grande partie des vols de KLM ne soit transférée à Paris, ce qui ferait perdre à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol sa fonction de hub.

Après les tensions politiques provoquées par cette prise de participation surprise, la France et les Pays-Bas se sont mis d’accord vendredi pour mettre en place un groupe de travail sur l’avenir de l’entreprise censé « renforcer la coopération entre la France et les Pays-Bas avec comme objectifs la bonne gouvernance du groupe Air France-KLM, son développement, sa croissance et l’amélioration des résultats ». Ses conclusions sont attendues pour fin juin.

Mais pour l’intersyndicale, « la récente nomination d’un énième groupe de travail n’est pas une réaction à la hauteur des enjeux » et « elle inquiète plus qu’elle ne rassure les salariés d’Air France ».

Face à « la réaction assez molle de l’Etat français, il est important d’alerter sur la nécessité de défendre notre industrie », a déclaré à l’AFP Jérôme Beaurain, de Sud-Aérien, l’un des signataires du texte.

« KLM a sorti les crocs et veut sa propre stratégie » tandis que « les salariés d’Air France ont le sentiment d’être lâchés par le gouvernement français », affirme-t-il.

AFP / https://www.journal-aviation.com