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Air France-KLM : après la tempête, des signes d’apaisement

Bruno Le Maire et Wopke Hoekstra, son homologue néerlandais, se sont rencontrés ce vendredi matin à Paris, trois jours après le raid boursier décidé par les Pays-Bas sur la compagnie aérienne. Les deux ministres ont entériné la création d’un groupe de travail pour renforcer la performance du groupe.

Bruno Le Maire a le sens de l’hospitalité. Le ministre de l’Economie, qui recevait ce vendredi matin son homologue néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, s’est montré bien plus souple que la veille, qualifiant de « peu orthodoxe » le rachat surprise de 14 % du capital d’Air France -KLM par l’Etat néerlandais . Une opération jugée « inamicale et incompréhensible » jeudi soir encore.

C’est que, passé le choc du raid boursier,  l’heure est désormais à la négociation  entre la France et les Pays-Bas, détenteurs de, respectivement, 14,3 % et 14 % du groupe. A l’issue de la réunion de travail de ce vendredi, aucune nouvelle annonce fracassante n’a été faite.

Les deux ministres ont toutefois entériné la création d’un groupe de travail pour renforcer la coopération entre les deux pays et la performance de la compagnie aérienne. Celui-ci rendra ses conclusions en juin, après étude de la structure du capital des deux compagnies (Air France et KLM), des règles de gouvernance et de la stratégie à long terme du groupe.

« Assurer le succès du groupe »

« Bruno Le Maire et Wopke Hoekstra partagent le même objectif de renforcement du groupe Air France-KLM […]. Ils sont déterminés à continuer d’améliorer sa compétitivité et de consolider son développement pour assurer le succès du groupe », peut-on ainsi lire dans le communiqué de presse conjoint des deux ministères.

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Bruno Le Maire et Wopke Hoekstra maintiennent par ailleurs leur soutien au directeur général Ben Smith, alors que  l’entrée de ce dernier au conseil d’administration de KLM avait mis le feu aux poudres aux Pays-Bas. Une stratégie de l’apaisement qui coïncide d’ailleurs avec les mots du patron canadien mercredi soir. Tout en regrettant l’absence de concertation, le patron d’Air France-KLM s’était voulu rassurant, estimant que l’opération ne remettait pas en cause sa stratégie, ni  les décisions prises lors du conseil d’administration du 19 février  sur la gouvernance du groupe.

Le cours remonte en Bourse

Certains points restent en revanche à éclaircir. Rien n’a ainsi filtré sur la possible entrée d’un nouveau représentant néerlandais au conseil d’Air France-KLM. L’Etat français, qui détient toujours encore la majorité des droits de vote du groupe, avait jugé mercredi soir qu’une telle hypothèse « ne pourrait être acceptée ».

Après avoir dévissé de près de 12 % en Bourse mercredi, et perdu 3,3 % jeudi,  l’action Air France reprenait des couleurs ce vendredi matin, trustant les +5 % à la mi-journée.

Lucas Mediavilla

https://www.lesechos.fr